Récit d'un échange à 3 voix qui poursuit notre cycle « Quand les femmes décident, la transition avance ».

Le 17 juin, au Columbia Global Paris Center, nous avons réuni quatre voix du monde agricole pour une soirée dédiée au leadership écologique des femmes. Salle pleine, chiffres au rendez-vous, échanges toniques et exigeants. Récit d'un échange qui poursuit notre cycle « Quand les femmes décident, la transition avance ».
On a manqué de chaises. Et franchement, c'est le plus beau des problèmes.
Le point de départ, pourtant, est rude. L'agriculture française traverse une poly-crise : coûts qui explosent, revenus en chute, transition à mener sans marges de manœuvre. Et dans dix ans, la moitié des agriculteurs partiront à la retraite. La question de la relève n'a jamais été aussi ouverte — et 2026, Année internationale des agricultrices, tombe à point nommé pour rappeler qui, déjà, trace d'autres voies.
En ouverture, Anne Dumonnet-Leca, fondatrice et présidente de Vox Demeter, a rappelé l'essentiel. Depuis trente ans, elle documente la place des femmes dans l'agriculture. Son constat : nous avons plus que jamais besoin de rôles modèles, de femmes inspirantes et engagées concrètement pour une agriculture durable. Inspirantes, celles réunies autour de la table l'étaient.

Trois regards qui se répondent, du terrain à l'expertise jusqu'aux réseaux qui font bouger les lignes.
Éleveuse de Limousine en Aveyron, Marine Boyer est la première femme élue présidente de la FNCUMA en quatre-vingts ans d'histoire de la fédération. Une trajectoire qui dit tout du chemin restant à parcourir — et de ce qui se débloque quand une femme accède, enfin, à la tête d'un réseau national.
Responsable Énergie et Durabilité des Systèmes chez Agridées, Gabrielle Dufour est co-autrice de la note de ce think tank sur l'entrepreneuriat féminin en agriculture. Son apport : sortir le sujet du registre des convictions pour le poser en chiffres.
Directrice générale de Fermes d'Avenir et Marianne du Climat 2025, Marion Enzer porte la voix de celles et ceux qui nous nourrissent tout en protégeant la planète. Son message : les modèles agroécologiques ne sont pas qu'un idéal, ils sont viables et peuvent changer d'échelle.

Aujourd'hui, une cheffe d'exploitation sur quatre est une femme. Et là où elles s'installent, les pratiques évoluent — de façon mesurée, pas intuitive :
Rien d'une niche, donc, mais un modèle qui tient la route sur les trois plans.

La soirée n'a pas éludé les obstacles — culturels, structurels, financiers. Le levier qui nous a le plus frappées : les femmes ne représentent que 10 % des sièges dans les chambres d'agriculture, et plus largement dans l'ensemble des collectifs qui décident de l'avenir de l'agriculture.
Un frein majeur à lever, car un collectif ne gagne en efficacité que lorsqu'il est réellement mixte. La question n'est pas de savoir ce que les femmes « apporteraient en plus » : c'est de comprendre les mécanismes qui limitent encore leur accès aux lieux de décision — et de les faire sauter.
Menée par Alice Durand-Réville, présidente de SHE Changes Climate France, cette table ronde ouvre notre cycle « Quand les femmes décident, la transition avance » et s'inscrit dans le cycle « Women in Climate Action » du Columbia Global Paris Center.
Merci à Anne, Marine, Gabrielle et Marion pour leur clarté et leur exigence, au Columbia Global Paris Center pour son accueil, et à toutes celles et ceux qui ont fait salle comble ce soir-là. La conversation ne fait que commencer — et notre communauté engagée pour le leadership écologique des femmes est là pour la porter. 🌻

SHE Changes Climate France dévoile les quinze premières lauréates des Mariannes du Climat, une distinction inédite qui célèbre les femmes qui transforment concrètement les territoires français.
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